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La république des lettres

Lettres, livres & littérature

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COLLOQUE INTERNATIONAL Pratiques et l’enseignement du français : bilan et perspectives 8, 9, 10 avril 2015

La république des lettres —

La place des émotions dans l’enseignement de la littérature. De la théorie à deux cas pratiques: Le Père Goriot et Madame Bovary.


Communication de : Mörte Alling, Annika LU

Abstract (French)
Le rôle des émotions dans notre rapport avec la littérature est un domaine de recherche en rapide évolution depuis une dizaine d’années, entre autres grâce à des chercheurs comme Patrick Colm Hogan (2011 ), Suzanne Keen (2007 ), Martha Nussbaum (2001 ), Jenefer Robinson (2005 ) och Jean-François Vernay (2013 ), même si on ne sait pas encore beaucoup sur les émotions et les sentiments de lecteurs réels. Au début du 21ème siècle, on a même parlé du ”tournant affectif” (”the affective turn”) dans le monde anglo-saxon.


Pourtant les émotions n’ont guère de place évidente dans l’enseignement de la littérature aujourd’hui. Traditionnellement, les affects n’appartiennent pas au monde académique, ni au domaine de la science, qui doivent se fonder sur l’objectivité. Nous avons peu d’heures d’enseignement à notre disposition et beaucoup de contenu à y comprimer. Il y a peu de temps pour les discussions sur la manière dont la littérature nous affecte et nous influence sur les plans émotionnels et existentiels. Cela peut paraître paradoxal, car si nous avons besoin de la littérature, n’est-ce pas justement parce qu’elle nous engage et nous enrichit émotionnellement? Autrement dit, cette relation émotionnelle à la littérature, n’est-ce pas quelque chose d’absolument essentiel?


Un point de départ sera la discussion théorique qui est en cours sur la crise dans l’enseignement de la littérature et sur la question de savoir comment faire pour repassionner cet enseignement. Sur ces points, il faudra notamment se référer aux études de Tzvetan Todorov (2007 ), Antoine Compagnon (1998 ), Yves Citton (2007 ), Vincent Jouve (2010 ), Jean-François Vernay (2013 ) et au numéro récent de la Revue de Lettres, édité par Raphaël Baroni et Antonio Rodriguez (2014 ).


Une manière de réussir cette tâche est de créer un climat où les étudiants osent s’exprimer plus librement et plus naturellement sur leur rapport émotionnel avec les livres lus dans les cours. C’est une thèse centrale dans les deux dernières publications mentionnées et elle le sera aussi dans notre communication. Comment faire pour créer un tel climat? Quand introduire une lecture plus distancée et critique? Peut-on évaluer — voire noter — des commentaires qui portent sur les réactions émotionnelles des étudiants?


Nous essayerons d’être assez ”pratique” dans notre approche, en prenant comme point d’appui des discussions avec des étudiants apprenant le français au cours du deuxième semestre à l’université de Lund en Suède. En outre, nous discuterons les résultats d’une enquête faite par écrit auprès de ces étudiants concernant leurs lectures du Père Goriot de Balzac et de Madame Bovary de Flaubert. La lecture de ces types de romans ”classiques” est d’autant plus importante à analyser que ceux-ci sont de plus en plus supprimés des cours, étant considérés (par les professeurs eux-mêmes, notamment) comme moins accessibles et moins aptes à engager les jeunes d’aujourd’hui que la littérature de nos jours. La communication se terminera par une discussion de cette tendance en la confrontant avec la relation positive à ces œuvres telle qu’exprimée par les étudiants.


Extrait du COLLOQUE INTERNATIONAL Pratiques et l’enseignement du français : bilan et perspectives 8, 9, 10 avril 2015 (Université de Lorraine, Metz) Mark

COLLOQUE INTERNATIONAL Pratiques et l’enseignement du français : bilan et perspectives 8, 9, 10 avril 2015

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