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La république des lettres

Lettres, livres & littérature

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Colloque: Les figures de l’émotion dans le discours littéraire.

La république des lettres —

Les figures de l’émotion dans le discours littéraire.
Journée d’études organisée dans le cadre du projet ANR « Pouvoir des ar
ts »

Dates : 22 mars 2013
Lieux : Université de Bretagne Occidentale (Brest), salle C219
Heures : 10h – 12h et 14h – 17h
Organisateur : Michael Rinn, Professeur en Sciences du langage
Equipe d’accueil : HCTI EA 4249

La tradition littéraire définit la figuration de l’émotion comme une des qualités du style (Molinié 1992:334) pour caractériser un langage-action qui vise à emporter l’auditoire par la levée des grandes passions. Quant à l’usage rhétorique du pathos, les figures de la véhémence et de la violence dans le discours argumenté relèvent de l’art de l’invective destiné à réduire un adversaire au silence psychique ou physique. Cette approche permet de définir un langage-limite. Il s’agit ici de blâmer ou de censurer un adversaire ou une cause jugée condamnable (Halsall 2003:263). La journée d’études consistera à analyser la double fonction discursive des figures de l’émotion dans les textes littéraires : d’une part, comment créer ou renforcer le sentiment de sympathie que l’énonciateur est censé inspirer chez le récepteur ; et d’autre part, comment priver un opposant de ce même sentiment. Il faudra également mettre en exergue l’étroite relation entre la portée pragmatique de l’intensité affective dans le discours littéraire centrée sur le récepteur et sa source idéologique qui émane de la construction de l’image de soi – l’ethos – de l’énonciateur. Par ailleurs, comme le rappelle M. Angenot dans son analyse du pathos agressif (1982:35), l’intensité affective soulèvera la question de savoir comment distinguer dans les œuvres littéraires leur dimension éristique de la gestion d’une conflictualité tempérée de leur versant agonique du déclenchement de la violence directe. Enfin, le colloque permettra de soulever deux problèmes majeurs des figures de l’émotion évoqué par Marc Bonhomme (2008 : 166). D’un côté, la configuration de l’intensité affective reste mal décrite. La majorité des théoriciens la caractérisent par une prégnance pulsionnelle difficilement contrôlable, par opposition à la raison. Cette approche empêche de distinguer clairement le pathos-source (l’énonciateur) du pathos-cible (les lecteurs). D’un autre côté, le mécanisme pathique de ces figures relèverait de motivations extralinguistiques, essentiellement psychologiques, sans que leur inscription dans la langue soit prise en compte. Or c’est précisément la médiatisation littéraire et artistique de l’intensité affective qui appelle à une théorisation renouvelée.

Participants :
Marc Bonhomme, Université de Berne
Marc-Félix Civil, Ecole Normale Supérieure de Port-au-Prince, Haïti
Fernand Delarue, Université d’Anger
Sophie d’Orgeval, Compagnie La Rigole, Brest
Lorraine Dumenil, Université de Paris-Sorbonne Nouvelle
André Horak, Université de Berne
Nathalie Narvaez, Université de Bretagne Occidentale
Michael Rinn, Université de Bretagne Occidentale

Références bibliographiques :
Angenot M. 1982 : La parole pamphlétaire, Paris, Payot.
Bonhomme M. 2008 : «Les figures pathique dans le pamphlet : l’exemple du Discours sur le colonialisme du Césaire», in Emotions et Discours. L’usage des passions dans la langue, M. Rinn (dir), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, pp.165-175.
Halsall A. W. 2003 : «Figures de la véhémence chez Shakespeare et Hugo», in La parole polémique, G. Declercq, M. Murat, J. Dangel (dir.), Paris, Honoré Champion.
Molinié G. 1992 : Dictionnaire de rhétorique, Paris, PUR.

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