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La république des lettres

Lettres, livres & littérature

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Création : La poésie de Christelle Legros

La république des lettres —
Création : La poésie de Christelle Legros

Merci Christelle Legros d'avoir bien voulu partager ces poèmes émouvants avec les lecteurs de "La république des lettres". JFV

Présentation de Ballades pour Frédéric, recueil de poèmes

Frédéric a laissé un vide immense, trou infini dans nos consciences et nos cœurs. Qui peut répondre au pourquoi ? Les mots, alors, tentent de dépasser les maux et de cheminer, en silence, vers un peu de lumière.

BALLADE CELTE

Vers la pointe de l’Angleterre

Celle de l’ouest extrême

Tes pas sont allés

Avec tes amours à côté

Vent furieux

Dans tes cheveux

Ton regard exalté

Devant la beauté

Sauvage

Presque improbable

Du lieu

Insolite, ce sentiment

Tant le monde

Connu vu

Dont tu t’es repu

Te semble étriqué

Violent

Triste

Et laid

Alors cette beauté brute

En rafales

Impromptues

Grandioses

Miraculeuses

A jailli de nulle part

Cette part inconnue

Proche de notre idée

Du paradis

Isolé

Enfin trouvé

Pourquoi t’en être éloigné

Ne plus avoir cru

En sa bienfaisance

Tout espoir t’a quitté

La mer n’a plus pu

T’apaiser

Je me suis promenée dans ce pays

Sublime et rare

Vers la pointe nord d’une île

En Écosse

Blanches plages

Mer turquoise

Pour être incroyables

Elles existaient pourtant

La lande et la bruyère

Parfum du temps

Cette chimère

Nous la chérissions

Ensemble

Le tumulte

Impétueux

De la vague déferlante

De la terre et la tourbe

Mouillées

Cheveux collés

Anorak trempé

Miroir de nos cœurs

Si esseulés

Dévastés

Christelle Legros, in Ballades pour Frédéric

FREDERIC

Depuis que tu es parti

Mon cœur se lamente jour et nuit

J’essaye de cacher ma triste mine

D’effacer les cernes sous mes yeux

De trouver un air moins malheureux

C’est pas la peine, ce poison rejaillit

À chaque mot équivoque,

Chaque son qui ressemble à ton nom

Et les souvenirs s’entrechoquent,

Martèlent mon crâne fendu,

Me rappellent que tu t’es pendu

C’était hier, ton geste absurde

Et aujourd’hui, c’est la galère

C’est comme si j’étais morte

Tu m’as laissée dans cet état,

Complètement hors de moi

Je te cherche partout

Voudrais t’suivre comme un toutou

Mais je n’ose pas

À présent, je suis l’aînée

Et je traîne les pieds

Devant ce temps lourd à porter

Je n’voulais pas me retrouver seule

C’était si simple de t’écouter

Ta voix pourtant a passé le seuil

Mais pourquoi t’es-tu échappé

Mon âme est un taudis

Moins qu’un repaire pour sans-abri

Tachée de noir, vers l’infini

Elle cherche en vain à se consoler

Entichée d’un passé

Qui, jamais, ne reviendra

Depuis que tu es parti,

Mon cœur pleure toutes les nuits

J’voudrais revivre les matins

C’est pas la peine, l’air de rien,

La mort gagne du terrain

Christelle Legros, in Ballades pour Frédéric

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